Billet d'humeur, Dukan, Me...

Parle à mon cul…

Faire régime ce n’est pas seulement se torturer, s’affamer, se surveiller 24h/24 et casser les pieds de son entourage. Non. Un régime c’est aussi souffrir de maux typiques aux régimeurs et régimeuses.

On vous aura peut-être parlé de la menaçante constipation. De l’éventuelle fatigue. De la possible irritabilité. Mais les hémorroïdes, ça, on n’en parle ni dans les livres ni dans les magazines. Parce que, bonnes gens, quand on est au régime, on ralentit son transit et on court le risque de soucis liés à l’extrémité du tuyau de sortie. Même quand on mange sa ration de sons (et donc de fibres) quotidienne et qu’on s’hydrate convenablement!!!

Pas certaine que si j’avais su que suivre le régime Dukan m’amènerait à m’agenouiller sur une table d’auscultation, cul en l’air face à un inconnu en blouse blanche, pas certaine donc que j’aurais fait régime avec un tel enthousiasme! Mais voilà, on ne m’avait rien dit… Et je me suis engagée, candide, sur le chemin dukanien qui a causé la perte de mon anus. Oui, je sais c’est loin d’être l’info du siècle et surtout ma cote est en train de chuter sur l’échelle de la glamouritude. Mais que voulez-vous, bonnes gens, ça aussi c’est la vie.

Historiquement, on peut faire remonter le drame à 9 jours. Je vous la fais aussi courte que possible. 29 décembre, donc, découverte d’une petite excroissance légèrement douloureuse dans cette région si privée de mon anatomie. Automédication: application de crème et prise d’un veinotonique. Le 4 janvier, les choses n’ayant évolué ni positivement ni négativement, je prends rendez-vous chez le spécialiste. Lors de mon appel à la clinique, je demande une proctologue de sexe féminin. Tant qu’à faire d’être mal à l’aise, autant l’être devant une soeur me dis-je… Pas de bol, il n’y en a pas de disponible avant le 9 février… Mwiii…. Permettez que je vois si je peux congeler la zone d’ici là? Bon, comme je suis décidée à aller montrer mes fesses et que (surtout) je crains que cela ne s’aggrave et nécessite une intervention (bhen oui, j’ai cherché des infos sur internet et, comme toujours quand on cherche des infos médicales sur le net, ça m’a foutu la trouille), je prends rendez-vous avec le premier médecin dispo. Et le rendez-vous c’était hier matin.

Je vous passe le stress, comparable à celui de passer un examen, qui m’a assaillie dès avant-hier soir et m’a empêchée de bien dormir. Je vous passe également le stress de louper mon rendez-vous compte tenu de l’état verglassé des routes, des embouteillages, de l’absence de place de parking et de cette fichue horloge qui avançait beaucoup trop vite. Bon, on y est. Je me présente au guichet puis m’en vais patienter dans la salle d’attente. Un instant, je crois être en gérontologie vu l’âge des autres patients. Mais ma rêverie est vite interrompue par l’infirmière qui me fait entrer dans un petit bureau où je rencontre mon homme du jour… Un charmant docteur qui aurait pu jouer dans une série télévisée vu son élégance et son charme, mais je vous avoue qu’il m’a laissée de marbre. Et je ne crois pas que c’est dû à son âge de 15 ou 20 ans supérieur au mien. J’étais pas là pour un speedating…

Après les questions d’usage (âge, antécédents médicaux personnels et familiaux, qualité du transit etc.), il me demande d’exposer mon problème. Je m’exécute (oralement, je veux dire). Là il m’explique la suite des événements avec beaucoup de gentillesse et même, je pense, un rien de sollicitude: position d’auscultation et protocole (on regarde, on lubrifie, on met un doigt, on met un speculum), il me décrit tout. Ensuite, il m’expose que sa spécialité est la cancérologie et qu’il me conseille d’effectuer dans les mois qui viennent une entéroscopie (on vous introduit une caméra dans le fion et on regarde l’état de la paroi du colon sur un plus ou moins longue profondeur) car j’ai peut-être une « terrain favorable ». Super. Mais là, tout de suite, il va « juste » regarder le corps du délit. Et il a besoin d’une infirmière pour aider. Ok.

Le doc, l’infirmière et moi émigrons donc dans une salle d’examen où je me retrouve donc, sans surprise après les explications du doc, les collants sur les pieds, la jupe relevée, à genoux le cul en l’air et la joue sur le coussin de la table d’auscultation pendant que deux inconnus me reluquent le fondement. Humpf. Il s’est finalement avéré que c’était une trombose anale et que l’intromission d’un doigt comme d’un speculum était superflue. Il fallait ôter le caillot, donc désinfection, piqûre d’anesthésie locale, incision, ablation du caillot (il me l’a montré après, il était tout petit!), nettoyage du sang, pause de pommade et de compresse et hop je pouvais me rhabiller avant de descendre de cette table, rougissante et mal à l’aise. Me voilà donc de nouveau apte pour le service.

J’avoue même que, sur le trajet du retour en voiture, j’ai un peu pleuré. L’humiliation et le stress qui retombaient, puis une certaine perception de ma fragilité, aussi (c’est sans doute notamment ça vieillir: constater petit à petit que son corps a des défaillances). Mais je me suis reprise: il n’y avait rien de grave à part une petite douleur dans un endroit intime de mon anatomie.

Rentrée à la maison, mon chéri était sur le départ et, même si je ne l’ai pas vu longtemps, ça m’a réconfortée de le trouver là. J’ai passé le reste de la journée blottie dans le canapé à reposer mon entaille. Ensuite, le soir venu, mon homme est rentré avec des courses et nous avons cuisiné ensemble, il s’est montré super gentil et super attentionné toute la soirée, il m’a dit des tas de gentilles choses (il a même rentré ma voiture pour m’éviter de devoir soit resortir hier soir, soit gratter le gel ce matin) et même si je n’avais pas de fracture ouverte ou de cancer, rien de grave quoi, ça m’a fait un bien fou qu’il s’occupe de moi.

Pour ceux qui devraient vivre cette expérience, franchement on s’en fait tout un monde mais c’est rien de terrible et c’est vite passé. Gênant, oui. Humiliant, un peu. Douloureux, à peine (la piqûre ressemble à celle d’une prise de sang). Impressionnant, assurément. Le toubib a utilisé, lui, le mot « spectaculaire », (expression exacte: « spectaculaire mais peu invasif »), à plusieurs reprises. Et ce n’était pas pour qualifier la beauté de mon postérieur. 

A propos de moins15

Je suis une trentenaire curieuse de beaucoup de choses. Sans aucun doute voyageuse, amatrice de livres et d'art plastique, gastronome à mes heures, un peu fashionista et... mal dans mes (15 devenus 10) kilos de trop. Après avoir fait Dukan avec succès, j'ai pris de plein front la réalité de la vie sociale incompatible avec ce régime-> j'ai repris 7kg sur les 12 perdus... Donc, là, I'm back mais avec ww (afin d'installer une hygiène alimentaire) cette fois.

7 Réponses à “Parle à mon cul…”

  1. Le 6 janvier 2010 à 14:42 anelor a répondu avec... #

    Excellent article !
    J’ai transformé ton message sur mon site en url, pour en faire profiter le maximum de monde possible. Je salue ta plume et ton talent, j’ai pleuré de rire :)
    J’espère en tous cas que tout va pour le mieux à présent. Bon rétablissement et à bienôt.

  2. Le 6 janvier 2010 à 14:42 anelor a répondu avec... #

    Excellent article !
    J’ai transformé ton message sur mon site en url, pour en faire profiter le maximum de monde possible. Je salue ta plume et ton talent, j’ai pleuré de rire :)
    J’espère en tous cas que tout va pour le mieux à présent. Bon rétablissement et à bientôt.

  3. Le 11 janvier 2010 à 14:31 moins15 a répondu avec... #

    Merci! et dire que c’est tout du vécu(l)… ;-) ))

  4. Le 11 mars 2010 à 14:22 CHIMENES a répondu avec... #

    J’ai beaucoup souri pour avoir vécu la même expérience. La seule chose que je peux ajouter, c’est que la deuxiéme fois et oui il ne faut pas rêver cela revient. On y va sans se poser de questions, on s’installe, on se dit que ça ne dure pas une éternité. Et honnêtement, vu comment on souffre avant, on peut se dire que le meilleur est après.

  5. Le 21 juillet 2010 à 18:21 marcy a répondu avec... #

    ton message est super! et franchement je compatis, car cette partie de mon anatomie est celle que je trouve la plus moche:je parle de mes fesses et de ma cellulite; j’ai des problemes d’hemoroides aussi et j’appréhende d’avoir à passer ça un jour. En tout cas pour toi c’est passé
    alors bonne chance

  6. Le 26 juillet 2010 à 12:32 supertata a répondu avec... #

    Bonjour, j’ai également rencontré des problèmes d’hémorroïdes le premier mois de mon régime Dukan. Après quelques essais, j’ai trouvé la source de mon problème : le son de blé. Je ne rencontre plus de problèmes depuis que je n’utilise que du son d’avoine! A tester pour celles et ceux qui sont sensibles!…
    Merci pour cet article qui m’a exhortée à aller consulter un gastroentérologue.

  7. Le 9 février 2013 à 23:02 lixad a répondu avec... #

    Bonsoir! J’ai beaucoup ri devant mon écran en pensant à mon propre derrière et à celui de ma soeur qui vient d’accoucher avec la sortie d’horribles hémorroïdes énormes (comme le pouce). Eh bien, un des médecins lui a tout simplement dit de se mettre une feuille de chou vert sur la zone (vrai de vrai hein, parce que quand je l’imagine sa feuille de chou au cul, j’en ris encore) et de le laisser « cuire ». C’est à dire qu’on ne retire la feuille de chou que quand elle est devenue jaune, cuite par la chaleur de l’anus et des hémorroïdes! Eh bien, ça marche fort bien! On ne sait jamais, si ça pouvait aider quelqu’un!

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