Qui suis-je?

Qui suis-je?

Comme beaucoup d’entre nous, je suis… comme dit-on en politically correct? Ah oui: “en surpoids”. Société de consommation, besoin de compenser la rudesse du stress par la douceur des sucreries, goût pour les bons repas entre amis…

Pas de quoi tortiller, je suis grosse, quoi. Un gros cul, des hanches larges, des cuisses épaisses… Un bon 15 kilos de trop dans une silhouette équilibrée qui ferait presque de moi une de ces traîtresses de “fausses minces”. D’après les commentaires, j’ai pas l’air si grosse, apparemment. Ou alors les gens sont vraiment trop indulgents. Ou trop hypocrites. On voit que j’ai trop de poids, mais on ne mesure pas à l’oeil nu combien… Enfin, ça c’est moi version habillée. Parce que j’aime autant vous dire qu’en maillot sur la plage, on le voit fort bien mon surpoids.

Y a des filles qui sont rondes mais toniques. Leur peau est ferme, les rondeurs visuellement acceptables. Bhen moi, non. Ma graisse est molle, ma peau gonflée d’adipocytes qui forment des vagues. Par exemple, j’ai la taille bien marquée, fine, mais au-dessus mon estomac fait une bosse flasque et en-dessous mon bas ventre est tout gonflé. Ferme, mais gonflé. Sur la plage, donc, mon bedon rebondi fait d’inesthétiques bourrelets lorsque j’ai l’idée saugrenue de ne pas rester couchée bien à plat et mes cuisses grasses pleines de cellulite tremblottent sur le trajet qui mène de ma serviette à l’océan. Et cette année, mon reflet rougi par le soleil renvoyé par le miroir de la salle de bains de l’hôtel m’a semblé encore plus volumineux que celui de l’an dernier. La crise qui couvait depuis des mois a véritablement éclaté cet automne, durant mes vacances annuelles au soleil.

Soyons honnête, je n’ai jamais vraiment été mince, sans véritablement avoir toujours été grosse et encore moins obèse. Disons que depuis très longtemps (genre 20 ans sur les 34 de ma petite vie), j’ai été ce qu’on qualifie de “ronde”. Genre 62-65kg pour 1m60. J’avais même réussi à descendre à 56kg fin 2005. Merci à la méthode WW et, je dois le reconnaître, une sorte d’anorexie potentielle (c’est grisant de maîtriser sa nourriture, de ne quasi plus rien manger…). Un poids durement gagné et trop vite noyé par la tristesse d’une rupture amoureuse (grignotages compulsifs pour compenser, malbouffe des repas pris seule) suivie de l’euphorie d’une nouvelle relation (restos sympathiques avec mon nouvel amoureux, malbouffe des repas pris en cocoonant à deux), pour monter jusqu’à 80kg pour 1m60! Quatre ans après je suis encore à 73 kg. Je vous dis pas l’effet d’un jean slim sur mes grosses cuisses… Taille 42-44. Voire 46 et vous imaginez le drame en cabine d’essayage ces jours-là. Je ne compte plus les fois où j’ai pleuré de me voir si grasse dans la lumière blafarde de la cabine et les premiers souvenirs de ce type remontent à un essayage de pantalon lors d’une expédition avec ma mère, j’en déduis que je devais avoir dans les 15-16 ans maximum. Novembre 2009, il était donc temps de prendre le taureau par les cornes, le bol par les anses, et de me serrer la ceinture.

Du coup, après avoir attendu le bon créneau, je viens de commencer la phase d’attaque du régime Dukan. Je compte bien réussir à perdre les 15 kilos qui me gênent aux entournures, et ce blog va m’y aider. J’espère qu’il aidera ensuite d’autres personnes qui cherchent aussi à perdre du poids.

Pourquoi Dukan?

Mes tentatives de régime en solitaire (même reprise de WW qui m’avait pourtant réussi auparavant) ont toutes échoué, du coup me faire aider dans la perte de poids me semblait nécessaire.  Rationnelle, je me suis d’abord adressée au Centre de l’Obésité d’une clinique voisine. Avec 20kg au-dessus de votre taille (comprenez que si vous pesez 80 kg et mesurez 1m60, soit 80-60, vous avez 20kg de delta), vous êtes considéré comme obèse.

J’ai donc pris un premier rendez-vous au cours duquel j’ai rencontré un docteur, un psychothérapeute et un nutrionniste pour un bilan. Très bien. Le toubib, une bonne grosse dame sympathique, m’a pesée, mesurée, examinée et a constaté que j’avais un surpoids réel mais non morbide*, notamment en mesurant le rapport tour de hanches/tour de taille. Ensuite, changement de bureau, une jeune psy toute frêle m’a écoutée exposer mes erranc es alimentaires, mes grignotages compulsifs irrépressibles, mon passé nutrionnel etc. J’ai expliqué que je me comportais parfois comme une droguée en manque et qu’il  arrivait que la nourriture me domine. Elle m’a conseillé dans les moments de fringale de remplacer la nourriture par autre chose qui me ferait du bien. Mwaaaaais…. comme si j’avais jamais essayé (et échoué). Avait-elle d’autres suggestions utiles pour m’aider à gérer les envies d’aliments néfastes comme les chips ou les bonbons? Non. J’avoue avoir douté de sa capacité à comprendre ma psychologie et à se projeter dans la tête d’une quasi-boulimique (et dans une Clinique de l’Obésité, a priori, elle doit voir des cas plus graves que moi et mes 20kg de trop). Ensuite, dernier changement de bureau, un jeune nutrionniste élancé m’a pesée sur une chaise, a pris quelques notes (les mêmes renseignements que ses collègues) puis a écouté le même récit: les contraintes de mon quotidien, mes horaires tant professionnels que personnels et mes nombreux trajetscompliquant la gestion du frigo, des courses et des repas, mes difficultés à résister aux aliments que j’aime, mes grignotages, etc.

15 jours plus tard, le nutri m’a envoyé un plan alimentaire qui ne tenait absolument pas compte de ce que je lui avais expliqué. Il soulignait que l’heure des repas importait peu mais ne proposait qu’une variation de tous les préceptes d’équilibre alimentaire que je connais par coeur. Aucune proposition spécifique pour quelqu’un qui, comme moi, a une relation dévoyée à la nourriture. La seule chose que j’en retiens est que le café au lait est du poison pour le foie (comme quoi, les formules fortes, ça marche).

La procédure veut que lors des rendez-vous ultérieurs et lorsqu’on est pas atteint d’obésité morbide, on revoit les deux derniers en binôme, l’un après l’autre, lors de chaque visite. Le docteur n’intervient qu’en cas de problème physiologique. J’y suis retournée, pour expliquer au nutritionniste que son plan alimentaire était ingérable pour moi, dans le cadre de mes horaires, de mes trajets, bref de mon quotidien. Il a promis de réviser le plan et de m’en renvoyer un à jour. J’ai revu la psy pour lui expliquer que remplacer la nourriture par autre chose était plus difficile que de remplacer la cigarette par un patch (enfin, je suppose, je suis pas fumeuse) et que j’avais sérieusement besoin d’une aide psychologique pour gérer mes grignotages mais je suis sortie sans aucun outil. 

Attendais-je un miracle? Je ne pense pas sincèrement pas. J’attendais une prise en charge couplée de mes problèmes de gestion de la nourriture (volet psychologie) et d’alimentation (volet nutrition), sachant que j’ai clairement dit lors de chaque rendez-vous que je pensais que le premier pesait plus lourdement dans la balance.

Puis ma mère m’a offert “Régime Dukan: les recettes”. Outre la simplicité (relative, me suis-je rendue compte ensuite) de la méthode, j’ai notamment relevé que pour une fois un médecin me semblait cesser le ton politiquement correct qu’ils utilisent généralement en disant, en substance, si les gros sont gros c’est parce que leur psychologie les y encourage, il faut donc leur parler en en tenant compte et leur prescrire un régime ad hoc (je résume). Je pense en effet que trop souvent les nutritionnistes et autres diététiciens appliquent des plans alimentaires où, ok, on mange ce qu’il faut quand il faut dans les proportions et quantités qu’il faut, mais on entend pas la difficulté réelle de la personne en surpoids à ne manger qu’un peu de ce qu’elle aime. Perso, je préfère ne pas toucher au chocolat qu’en manger un carré (car je sais que je ne pourrai pas m’en tenir à juste un carré et qu’une fois entamée, la tablette y passera). Bref, le ton de Dukan m’a séduite et j’ai décidé de me lancer.

                                                                                    dukanmesrecettes.jpg

L’après Dukan
Malheureusement, après avoir perdu 15 kilos avec Dukan, et une volonté de fer, j’ai tout repris… Entretemps, une grossesse puis un bébé très exigeant et un conjoint très occupé par un travail lointain ont eu raison de mon poids…

Je me suis donc retrouvée bis repetita avec mon surpoids. Je n’ai plus la volonté de suivre la méthode Dukan, trop inflexible. En outre, j’allaite encore et je ne suis pas certaine que cela ne me mènerait pas à des déséquilibres nocifs pour moi ou pour le bébé. J’opte donc à présent pour un régime plus progressif et plus raisonnable, dans l’esprit weight watchers.

* D’après ce que j’en sais, l’obésité morbide est définie comme une indice de masse corporelle (poids (kg) / taille (m)²)  supérieur à 40 ou supérieur à 35 et associé à au moins une comorbidité (c’est-à-dire à une autre maladie). Evidemment, l’IMC ne prend en compte ni la répartition des graisses, ni la musculature d’un individu. Il ne différencie un athlète à forte musculature d’une personne en surpoids.

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